Philippe Derudder (Exposé au 104 rue de Vaugirard- 30 novembre 2009)
Trois "ébouillantés" étaient présents: Maryvonne, Etienne et Claude.
C'est moi, Claude, qui écris:
J’ai trouvé Philippe Derudder très sincère. Son itinéraire est très
courageux. Son analyse est très intéressante, sa démarche aussi.
Ma petite déception d’hier venait plus de l’envie d’aller plus loin,
chose guère possible au sein d’un public qui « découvrait ».
Il me semble qu’il existe un point aveugle dans son analyse, peut-être à
cause de son itinéraire personnel d’entrepreneur.
Il parle de commerces et de petites entreprises échangeant entre elles
et avec leurs clients, dans une région donnée. Très bien ; mais pour que
les richesses circulent mieux, dans le cas où un grand nombre de «
clients » sont sous- monétarisés – que ce soit en euro ou en monnaie
libre- il faut bien qu’il y ait émergence de richesses chez ces
derniers, richesses non reconnues par le « marché » traditionnel, celui,
justement, du commerce du même nom. Par exemple, un chômeur
sous-monétarisé devra bien trouver ce qu’il peut proposer (et bien sûr
la « communauté » devra l’aider sur ce chemin de « mise en valeur »).
Il pourra alors proposer ses nouvelles ressources soit à d’autres
personnes de la communauté, dans un échange de type SEL (échange 1à1),
en monnaie libre, hors du commerce organisé. Par exemple, donner des
cours de trompette…
Mais le même chômeur pourra proposer ses « services », ses « ressources
» à la communauté, ou à un groupe de personnes ou à une institution,
école, centre de santé, que sais-je (échange 1 à n). Par exemple,
proposer de donner du temps en coups de main, ou plus régulièrement.
Dans les deux cas, on est hors marché traditionnel, mais avec monnaie
libre (ou partiellement euro).
On peut aussi imaginer qu’au bout d’un certain temps, le chômeur crée
une société de service. Il rentrerait alors dans le circuit du « marché
» tel qu’en parlait Philippe D. hier, sans utiliser ce nom.
Des questions qui sont posées par la monnaie locale restent entières
(pour moi en tout cas): comment fixer les règles du jeu, dans des
communautés qui n’ont pas forcément l’envie (ou les forces… ?) d’être
mues par la sagesse. J’entends bien Maryvonne quand elle a la conviction
qu’un autre fonctionnement communautaire devrait déboucher vers la
sagesse, mais d’ici là comment on fait ;=)))